Cette pratique yogique alterne le passage de l’air entre la narine gauche et la narine droite. Pour débuter sereinement, mieux vaut oublier les longues rétentions et les rythmes complexes : quelques cycles lents, réguliers et confortables suffisent.
Lire le guide ↓Une technique respiratoire issue du yoga

Cette page décrit une version d’initiation sans rétention volontaire du souffle. D’autres enseignements utilisent des gestes ou des rythmes différents. Ne mélangez pas plusieurs variantes pendant votre premier essai : apprenez un enchaînement simple avant d’envisager, avec un enseignant compétent, une pratique plus spécialisée.
Pour un bref temps d’observation après l’alternance, vous pouvez suivre quelques souffles spontanés et déplacer une perle à chaque cycle complet. Si compter vous pousse à ralentir excessivement ou à retenir l’air, reposez le mala. Vous pouvez terminer immédiatement, sans achever le collier et sans ajouter une nouvelle consigne.
Nadi Shodhana est un terme sanskrit généralement associé à l’idée de « purification des canaux ». Dans la tradition du yoga, les nadi désignent des canaux subtils ; cette représentation appartient à un cadre philosophique et symbolique.
La pratique concrète consiste à fermer alternativement une narine, puis l’autre, afin d’inspirer d’un côté et d’expirer de l’autre. Le mot « purification » ne doit pas être compris comme une détoxification médicale mesurable.
À retenir : on peut respecter l’origine yogique de l’exercice tout en distinguant son langage traditionnel des connaissances anatomiques sur le nez, les poumons et la respiration.

S’installer avant de lever la main
Asseyez-vous sur une chaise ou un coussin. Le dos est confortablement allongé, les épaules basses et la mâchoire libre. Respirez normalement pendant quelques instants.
Avec la main droite, placez le pouce près de la narine droite et l’annulaire près de la narine gauche. L’index et le majeur peuvent rester repliés ou se poser sans pression entre les sourcils. La main gauche repose sur la cuisse.
Coude souple
Ne levez pas l’épaule pour maintenir la main.
Contact léger
Fermez la narine sans écraser l’arête du nez.
Souffle libre
Le débit reste naturel, sans aspiration bruyante.
Lavez vos mains avant de toucher le nez. Si une bague gêne le placement des doigts, retirez-la et posez-la dans une coupelle. Gardez le visage libre, sans objet à proximité immédiate des narines. Installez-vous de façon à pouvoir baisser la main dès que vous le souhaitez, sans perdre votre équilibre.
Une séance de méditation ordinaire peut aussi suivre la pratique, avec les deux mains relâchées. Un mala à petites perles peut alors servir à un comptage libre, si cette manipulation vous convient. Cette étape est indépendante de Nadi Shodhana : elle n’est ni obligatoire ni censée renforcer un effet physiologique.
Gauche, droite, puis retour à gauche
Expirer
Commencez par une expiration naturelle, les deux narines ouvertes.
Inspirer à gauche
Fermez doucement la droite avec le pouce et inspirez par la gauche.
Changer
Fermez la gauche avec l’annulaire, puis libérez la droite.
Expirer à droite
Laissez sortir l’air tranquillement par la narine droite.
Inspirer à droite
Inspirez du même côté, avec une amplitude confortable.
Expirer à gauche
Changez de côté et expirez par la gauche : le cycle est terminé.
La règle mnémotechnique : on inspire par la narine qui vient de servir à expirer, puis on change de côté. Aucun blocage du souffle n’est nécessaire.
Pour mémoriser la séquence, vous pouvez la lire une fois sans agir, puis repérer les deux paires : inspiration gauche et expiration droite ; inspiration droite et expiration gauche. Au changement de doigts, libérez la narine suivante sans ajouter de pause volontaire. Si vous perdez le fil, baissez la main et recommencez seulement lorsque vous vous sentez à l’aise.
Rangez ensuite les accessoires dans un endroit sec et accessible. L’organisation doit surtout permettre de retrouver facilement ce qui vous sert réellement. Une pratique simple reste possible lorsque vous voyagez ou que vous n’avez rien sous la main : une chaise stable et un moment disponible peuvent suffire.
Évitez de vérifier sans cesse des chiffres ou de modifier un traitement à partir de votre impression après une séance. Si vous souhaitez utiliser un exercice respiratoire dans le cadre d’un problème de santé, discutez de son objectif et de ses limites avec le professionnel qui vous suit.
Cinq minutes, sans chronomètre rigide
Réalisez d’abord deux ou trois cycles. Lorsque l’enchaînement devient clair, poursuivez sans chercher une performance respiratoire.
Un objet portant le symbole AUM peut rappeler votre intérêt pour le yoga et personnaliser le lieu de pratique. Sa présence n’ouvre pas les narines et ne modifie pas l’action de la respiration. Les cinq accessoires proposés dans l’article concernent la préparation, le comptage facultatif avant ou après l’exercice et le rangement.

Les signes d’un exercice bien dosé
Vous pouvez continuer
- Le souffle reste fluide et silencieux.
- La narine ouverte laisse passer l’air sans lutte.
- Le cou, le front et les épaules restent relâchés.
- Vous pouvez reprendre une respiration ordinaire immédiatement.
Réduisez ou arrêtez
- Vous aspirez l’air avec force.
- Vous ressentez vertige, picotements ou malaise.
- Une narine est complètement bouchée ou douloureuse.
- Le bras, la nuque ou la mâchoire se crispent.
Les malas présentés ici sont des supports de comptage et des bijoux, pas des accessoires à placer contre le visage. Un modèle en bois poli et un modèle en graines nervurées procurent des sensations différentes au toucher. Le choix dépend de votre préférence et du confort de manipulation ; il ne détermine pas la qualité de la respiration.
Installez-vous confortablement et gardez une respiration naturelle entre les gestes. Le nom Nadi Shodhana appartient à une tradition de pratique ; il ne rend pas obligatoire un rythme précis ni une rétention du souffle. Si boucher une narine vous gêne, posez la main et observez simplement quelques expirations ordinaires. Évitez de poursuivre en cas d'étourdissement, de douleur ou d'inconfort. Une pratique douce peut être écourtée sans perdre son intérêt comme moment d'attention. Les personnes qui ont une question de santé respiratoire peuvent demander un avis adapté avant d'essayer une technique guidée.
Rester doux plutôt que parfait
Presser trop fort
Un contact léger suffit à fermer la narine. La peau et le cartilage ne doivent pas être douloureux.
Ajouter une apnée
Les rétentions appartiennent à des variantes plus avancées et ne sont pas utiles pour cette initiation.
Compter trop longtemps
Un rythme égal et confortable vaut mieux qu’un compte qui crée un manque d’air.
Forcer un côté bouché
Reportez la pratique en cas de congestion importante, de saignement ou d’irritation nasale.
Lever l’épaule
Rapprochez le coude du corps ou soutenez légèrement le bras si nécessaire.
Multiplier les cycles
La précision se construit en peu de temps. Arrêtez avant que l’exercice ne devienne fatigant.
Si le maintien de la main devient le principal effort, faites une pause. Il est inutile d’ajouter des cycles pour atteindre un nombre prévu. Lors du prochain essai, vous pourrez vérifier la position de la chaise et du coude ou demander à un professeur d’observer le geste.
À la fin d’un essai, demandez-vous surtout si l’enchaînement était compréhensible et confortable. Vous pouvez noter que vous avez oublié un côté, que le bras s’est fatigué ou que vous avez préféré revenir au souffle naturel. Ce sont des informations pour adapter votre pratique, pas des preuves d’un déséquilibre énergétique.
Vous pouvez également décider que cette technique ne vous convient pas et choisir une marche calme, une écoute attentive ou une méditation sans contrôle respiratoire. Respecter cette préférence fait partie d’une initiation souple. Aucun exercice n’a besoin de devenir un passage obligé dans votre routine.
Des résultats intéressants, mais pas une promesse de soin
Des essais cliniques ont étudié la respiration alternée sur le stress, la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Une méta-analyse publiée en 2024 a observé des baisses moyennes de pression artérielle dans les groupes pratiquants, mais avec une forte hétérogénéité entre les études.
Ces résultats ne permettent pas de présenter Nadi Shodhana comme un traitement autonome. Les exercices respiratoires sont difficiles à mettre en aveugle et les protocoles varient beaucoup. Considérez cette initiation comme une pratique de bien-être ou d’attention, jamais comme un remplacement des soins prescrits.
Prenez un moment pour vérifier que l’air circule confortablement des deux côtés avant de commencer. Le but n’est pas de vaincre une obstruction. Si cette installation est déjà fatigante ou inconfortable, revenez à une respiration naturelle et choisissez une autre forme de pause.

Précautions importantes
Arrêtez si vous ressentez vertiges, nausée, picotements, palpitations, douleur thoracique ou aggravation de l’essoufflement. Une difficulté respiratoire soudaine ou importante, une douleur thoracique ou un malaise nécessitent une aide médicale urgente.
Demandez conseil à un professionnel de santé avant de pratiquer si vous souffrez d’une maladie respiratoire ou cardiaque, si vous êtes enceinte, venez d’être opéré, avez des problèmes nasaux persistants ou si un traitement impose des précautions. Ne pratiquez pas en conduisant, dans l’eau ni pendant une activité demandant toute votre vigilance.
Le cycle ne demande pas une inspiration maximale. L’air doit entrer sans effort marqué, et l’expiration reste souple. Ne cherchez pas à vider complètement les poumons ou à produire un son particulier. Une exécution moins ample mais confortable convient mieux à cette découverte qu’une respiration exagérée.
Une initiation vraiment accessible
Par quelle narine commencer ?
De nombreuses instructions commencent par une inspiration à gauche. Pour une première séance, la cohérence du cycle et le confort comptent davantage qu’une symbolique de côté.
Faut-il utiliser uniquement la main droite ?
La main droite est courante dans les traditions enseignées. Si une limitation physique la rend inconfortable, adaptez avec l’autre main ou demandez conseil à un professeur qualifié.
Doit-on retenir le souffle entre les côtés ?
Non pour cette version. L’alternance peut être apprise sans rétention, ce qui réduit la complexité et le risque de forcer.
Peut-on pratiquer avec un rhume ?
Si l’air passe difficilement, ne forcez pas une narine bouchée. Choisissez plutôt une respiration naturelle et reprenez l’exercice lorsque le nez est confortable.